Le Petit Tisserand De Duleek

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Conte d'Irlande.

Dans la ville de Duleek vivait autrefois un tisserand qui Ă©tait un homme particuliĂšrement industrieux. Lorsqu'il s'Ă©tait assis au mĂ©tier Ă  tisser, il s'absorbait dans les motifs qu'il produisait, de sorte qu'il en oubliait Ă  la fois de manger et de dormir. Un jour, sa gouvernante lui avait prĂ©parĂ© un dĂ©licieux ragoĂ»t de viande. Elle a dĂ» crier plusieurs fois avant qu'il ne quitte enfin le mĂ©tier Ă  tisser et n'aille manger. Mais ensuite, le ragoĂ»t de viande a eu le temps d'avoir honte, car c'Ă©tait le mois le plus chaud de l'Ă©tĂ© et les mouches pullulaient autour de la table Ă  manger. Alors le tisserand s'est mis en colĂšre. « Allez-vous gĂącher mon dĂźner, bande de bĂȘtes ? grogna-t-il en frappant l'air de sa main ouverte. Dans ce coup, il a tuĂ© pas moins de trois douzaines et demie de mouches qui se sont abattues sur la table. Le tisserand a Ă©tĂ© trĂšs impressionnĂ© par sa capacitĂ© Ă  tuer les mouches et a comptĂ© les mouches encore et encore pour voir s'il y en avait vraiment autant.

AprĂšs cette grande action, le tisserand devint fier comme un coq sur le tas de fumier et prit le reste de la journĂ©e pour raconter aux habitants ce qui s'Ă©tait passĂ©. Il a serrĂ© son poing sous le nez de chaque personne qu'il a rencontrĂ©e et a dit: «Regardez cette main. Il en a tuĂ© trois douzaines et demie d'un seul coup ! Avant la fin de la journĂ©e, il s'Ă©tait convaincu qu'il devait devenir un chevalier errant et ainsi mettre ses pouvoirs Ă  profit plutĂŽt que d'ĂȘtre assis devant le mĂ©tier.

Le lendemain, le tisserand a demandĂ© un vieux chaudron de fer Ă  un voisin et l'a mis sur sa tĂȘte comme un casque. Il est allĂ© chez le tailleur et lui a fait coudre une armure de plaques. Il se rendit finalement chez le vitrier avec un grand couvercle de marmite qu'il avait empruntĂ© pour le faire repeindre en Ă©cu de chevalier. Sur le couvercle de la marmite, le maĂźtre verrier Ă©crivit selon les instructions du tisserand : « Je suis l'homme parmi tous les hommes qui en a tuĂ© trois douzaines et demie d'un seul coup ! Maintenant que le tisserand s'Ă©tait transformĂ© en chevalier, il partit pour Dublin, oĂč vivait le roi, pour offrir ses services.

C'Ă©tait un long chemin Ă  parcourir dans des vĂȘtements d'Ă©tain et avec un chaudron de fer sur la tĂȘte, alors quand le tisserand est arrivĂ©, il Ă©tait trĂšs fatiguĂ©. Autour du chĂąteau, le roi avait disposĂ© des bancs pour ceux qui voulaient se reposer, et c'est sur l'un d'eux que le tisserand s'allongea pour se reposer. BientĂŽt, il ronflait si fort qu'un des gardes du roi regarda par-dessus le mur du chĂąteau pour voir ce que c'Ă©tait que ça. Ensuite, le garde a vu le bouclier du tisserand et a lu le texte dessus. « Gentil temps, quel combattant il doit ĂȘtre ! pensa le garde et courut droit au roi pour le lui dire. Lorsque le roi entendit parler de l'Ă©tranger endormi, il sortit lui-mĂȘme pour le rĂ©veiller.

Alors qu'il secouait le tisserand Ă  la vie, le roi demanda: “Vous en avez tuĂ© trois douzaines et demie d'un seul coup, d'aprĂšs ce que je comprends?" “Oui, c'est vrai”, rĂ©pondit le tisserand. “C'Ă©tait le dernier petit exploit insignifiant que j'ai rĂ©alisĂ©. Mais maintenant, j'ai peur de rester allongĂ© ici et de rester oisif." “Alors je vais vous donner une mission appropriĂ©e», dit le roi. “Nous avons un problĂšme avec un dragon qui vit comme un voleur ici en dehors de la ville. Il a bientĂŽt mangĂ© toutes les vaches et tous les fermiers, nous n'avons donc pas de lait. ici plus. Il a Ă©galement tuĂ© tous mes meilleurs hommes et maintenant je ne sais pas ce que nous allons faire. “Je peux arranger ça en un rien de temps”, dit le tisserand d'un air morose. “Dites-moi simplement oĂč vit la bĂȘte, et on s'occupera de lui tout de suite." Le roi a expliquĂ© que le dragon rĂ©sidait dans un marais Ă  Galway et voulait offrir au tisserand sa propre Ă©pĂ©e dans la lutte contre la bĂȘte. Mais le tisserand a refusĂ©, expliquant qu'il prĂ©fĂ©rait n'utiliser que ses poings.

Il a fallu quatre jours au tisserand pour atteindre Galway, mais il Ă©tait alors clair qu'il Ă©tait venu au bon endroit, car il a Ă©tĂ© accueilli par une foule de gens terrifiĂ©s criant “meurtrier”, “police" et “dragon”. Avant que le tisserand ne puisse demander d'oĂč ils fuyaient, le dragon arriva en rampant sur la crĂȘte d'une colline. Ce n'Ă©tait certainement pas un bel animal, avec des Ă©cailles d'armure, une longue queue Ă©pineuse et une mĂąchoire pleine de grandes dents. Maintenant, le tisserand a rĂ©alisĂ© le sĂ©rieux de tout cela et il a compris qu'il deviendrait bientĂŽt de la nourriture pour dragon. Alors il posa ses jambes sur son dos et grimpa sur le plus grand arbre qu'il put trouver. LĂ , il Ă©tait assis en sĂ©curitĂ©, et peu importe Ă  quel point le dragon soufflait du feu et griffait l'arbre, il ne pouvait pas atteindre le tisserand. « Peu importe », dit le dragon, « car tu es en mon pouvoir. J'attendrai ici sous l'arbre et tĂŽt ou tard tu devras t'assombrir. Le dragon enroula son long corps autour de l'arbre et s'endormit Ă  midi, car il venait de dĂ©vorer tout un village.

Le tisserand attendit jusqu'Ă  ce qu'il pense que le dragon dormait profondĂ©ment, puis il commença Ă  descendre avec prĂ©caution de l'arbre. Tout s'est bien passĂ© jusqu'Ă  ce qu'il arrive Ă  la derniĂšre branche. Il faisait complĂštement noir et s'est Ă©teint ! Le tisserand tomba droit sur le cou du dragon et rĂ©veilla la bĂȘte, qui se mit Ă  se prĂ©cipiter et Ă  faire un bruit terrible. Mais heureusement, le tisserand avait bien saisi les oreilles du dragon et s'y accrochait maintenant. Il a continuĂ© sur des rondins et des pierres avec le tisserand et le dragon alors que le monstre tentait de se dĂ©barrasser de son passager clandestin, et enfin ils avaient parcouru une si grande distance que le tisserand pouvait apercevoir les murs du chĂąteau de Dublin. Puis il poussa le dragon encore pire avec des grognements et des insultes jusqu'Ă  ce que la bĂȘte soit si furieuse qu'il ne pouvait plus voir oĂč il courait. Alors il s'est prĂ©cipitĂ© tĂȘte la premiĂšre dans le mur et s'est suicidĂ©.

Le tisserand se sentait aussi mort que le dragon aprĂšs le pĂ©rilleux voyage et pouvait Ă  peine se tenir debout lorsque le roi et son peuple se prĂ©cipitĂšrent hors de Dublin pour lui rendre hommage. « Par tout ce qui existe ! s'Ă©cria le roi. « Le chevalier errant a chevauchĂ© le dragon jusqu'Ă  Dublin et l'a tuĂ© juste devant mon propre chĂąteau ! Une telle bravoure doit ĂȘtre rĂ©compensĂ©e ! Et c'est arrivĂ©. Le petit tisserand de Duleek a reçu tout un coffre d'or et aussi la fille du roi en mariage. L'or Ă©tait bon Ă  avoir, bien sĂ»r, mais d'aprĂšs ce que j'ai entendu dire, la princesse Ă©tait le pire dragon de tous, avec un tempĂ©rament pire qu'un volcan et une langue plus venimeuse que tous les serpents d'Irlande.

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